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Un étudiant en Master développe un modèle pour aider les agriculteurs haïtiens à gérer les risques liés aux changements climatiques

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Josué St FortEn grandissant en Haïti, Josué St Fort a très tôt pris connaissance des nombreux défis auxquels les agriculteurs haïtiens sont confrontés. Ses deux grands-pères étaient des agriculteurs et ils lui ont appris à St Fort depuis son plus jeune âge à planter, récolter du maïs et des haricots dans leurs fermes dans le sud d’Haïti.

Ce fut une expérience d’apprentissage inestimable qui a poussé Josué, au cours de ses études à l’Université de Floride, à étudier les moyens nécessaires pouvant aider les agriculteurs à faire face aux risques climatiques croissants auxquels ils sont exposés.

Josué a indiqué que les champs de ses grands-pères étaient similaires à la majorité de ceux des pays de la Caraïbe se trouvant en région montagneuse : pas de système d’irrigation et complètement dépendants de la pluie. C’est l’un des nombreux facteurs qui font d’Haïti l’un des pays les plus affectés par l’insécurité alimentaire au monde, les plus vulnérables aux conditions météorologiques extrêmes telles que les tempêtes et les sécheresses les plus intenses.

“Avoir accompagné mes grands-pères m’a appris à voir comment la variabilité climatique affecte l’agriculture”, a déclaré Josué. “De plus, en participant à la récolte, je pouvais facilement voir la différence de rendement pour la même culture d’une saison à l’autre en raison des changements au niveau des conditions météorologiques.”

Après le secondaire, il a décidé d’entamer des études à la Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV) de l’Université d’Etat d’Haïti où il a obtenu une License en Agronomie en 2013. En 2017, il a reçu une bourse pour réaliser ses études de maitrise à l’IFAS (Institut des Sciences Alimentaires et Agricoles) en ingénierie agricole et biologique où il se spécialise dans les systèmes d’information géographique et la climatologie.

Il est l’un des 20 étudiants haïtiens qui réalise leur étude de maîtrise dans le cadre du projet Feed the Future Haïti “Appui à la Recherche et au Développement Agricole /AREA” géré par l’Université de Floride.

De retour en Haïti pour ses recherches en climatologie

Josué St Fort en train d’installer un capteur pour mesurer l’humidité sur une parcelle expérimentale de haricot dans la région de Kenscoff en Haïti.

En mai dernier, après avoir terminé sa première année d’études de maitrise, Josué est retourné en Haïti et a installé des capteurs d’humidité sur une parcelle expérimentale de haricot au Centre Rural de Développement Durable (CRDD) de Kenscoff, région montagneuse du pays. Ces capteurs fournissent des données sur l’humidité qui seront utilisées dans un modèle de culture qu’il est en train de créer pour aider les décideurs à prévoir le rendement des variétés de haricots secs dans des conditions climatiques extrêmes, telles que celles provoquées par l’oscillation australe El Niño (ENSO).

“J’utilise un modèle de culture simulant le rendement des haricots secs qui permettra de montrer la variabilité du rendement dû à une phase spécifique de l’ENSO”, explique-t-il. “Ces informations peuvent être utiles pour la prise de décision en matière de gestion des risques agricoles et de décisions d’atténuation.”

Son plan après l’obtention de son diplôme

A la fin de ses études l’été prochain, St Fort dit qu’il retournera en Haïti dans l’espoir de trouver un emploi au Ministère de l’Agriculture en vue d’aider les professionnels et les agriculteurs à mieux gérer la menace croissante de la variabilité climatique.

Selon lui, ce ne sera pas facile d’amener les agriculteurs à changer leurs pratiques qui datent de plusieurs générations.

“Les agriculteurs haïtiens sont très conservateurs”, dit-il. “Ils sont réticents à changer leurs méthodes traditionnelles même si les nouvelles méthodes sont vraiment efficaces.”

“Haïti devra adopter des politiques publiques intelligentes et améliorer les services de vulgarisation agricole pour inciter ses agriculteurs à faire la transition vers de nouvelles méthodes”, soutient-il. Cela peut impliquer la prise de mesures incitatives en faveur des agriculteurs telles que leur fournir des semences à haut rendement plus tolérantes à la sécheresse et en subventionnant des pesticides ou des systèmes d’irrigation respectueux de l’environnement. Le plus simple serait de convaincre les agriculteurs à modifier leurs dates de plantation pour réduire le risque de perte de récoltes face aux ouragans ou peut-être en se basant sur les prévisions du modèle climatique de Josué St Fort.

“Avec mes prévisions dans le modèle de culture, les agronomes peuvent leur suggérer de retarder la date de plantation”, indique Josué. “Je sais que ce domaine et ce sujet sont assez innovants et pourraient rencontrer une certaine résistance chez les agriculteurs, mais avec une bonne stratégie nous pouvons les faire fonctionner.

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