LE PROJET AREA LANCE UNE CONFERENCE DANS LE BUT DE RENDRE AUTONOME UNE NOUVELLE GENERATION DE FEMMES

PORT-AU-PRINCE, Haïti, le 8 juillet 2019 – Les femmes jouent un rôle de plus en plus essentiel dans l’économie haïtienne et sont impliquées dans tous les aspects du secteur agricole très important pour le pays, qui emploie la majorité des femmes et représentant un quart du produit intérieur brut d’Haïti.

Mais les chercheurs affirment que “la disparité hommes-femmes” constitue une limite quant aux contributions des femmes et, par conséquent, la productivité de l’économie agricole haïtienne. Ceci est dû au fait que les femmes aient moins d’accès au financement, à la terre et à d’autres ressources, moins d’opportunités d’assumer des rôles de leader dans la communauté.

Pour aider à remédier à ces disparités, le projet Feed the Future Haïti Appui à la Recherche et au Développement Agricole (AREA) organise une conférence sur le développement professionnel visant à faire propulser la carrière des femmes enrôlées dans sept établissements d’enseignement supérieur agricole en Haïti. Environ 200 jeunes femmes sont attendues à cet événement qui se tiendra les 9 et 10 juillet au Karibe Convention Center à Port-au-Prince.

L’objectif principal de la formation est de stimuler la réussite des femmes dans les domaines de l’agriculture, d’adresser la problématique de la sécurité alimentaire, d’améliorer leur capacité à trouver un emploi et, idéalement, à occuper des postes de direction. L’objectif est non seulement d’aider ces femmes talentueuses à obtenir un emploi intéressant, mais également de contribuer à l’amélioration du système agricole haïtien, a déclaré Christelle Calixte, spécialiste en genre au projet AREA qui, dans toutes ses activités, intègre les femmes dans le but de les rendre autonomes et de parvenir à l’égalité hommes-femmes.

« Ces femmes sont l’avenir de notre agriculture et Haïti a besoin de l’agriculture pour prospérer », a déclaré Madame Calixte. “Nous pensons que les femmes peuvent combler le fossé existant dans l’agriculture si elles sont correctement intégrées et appréciées sur le terrain.”

Parmi les personnes qui prendront la parole ou animeront des séances de formation figurent Gary Juste, directeur de la mission de l’USAID en Haïti; des universitaires, notamment Guerda Nicolas, originaire d’Haïti et professeur à l’Université de Miami, qui a écrit un livre intitulé « Les réseaux sociaux et la santé mentale des immigrants haïtiens »; et des spécialistes en développement de carrière. Aussi y prendront part des femmes entrepreneurs et leaders du secteur agricole haïtien, notamment Alice Nkunzimana, fondatrice de la société de conseils en management Papryus SA, Viviane Julien, vice-doyenne de la faculté d’agronomie de l’Université Quisqueya et Rachelle Pierre Louis, coordinatrice technique de l’Institut interaméricain pour la coopération sur le fonctionnement de l’agriculture en Haïti.

Cynthia Hight, conseillère pédagogique au Département d’agronomie de l’Université de Floride, et Matt Mitterko, directeur associé au rayonnement international des études post graduées de l’UF, prodigueront des conseils sur la manière de postuler pour des études post graduées, de rédiger des essais et curriculum vitae efficaces et de mener des exercices interactifs d’auto-évaluation. « Nous présentons des stratégies devant leur permettre de réaliser des études post graduées, quelle que soit l’institution qui pourrait les intéresser, et encourageons ces jeunes femmes à prendre des mesures pour réaliser leurs rêves de carrière », a fait savoir Madame Hight.

L’agenda de la conférence comprend également des séances visant à aider les femmes à explorer des carrières dans l’agriculture, se préparer pour des entretiens d’embauche, nouer des contacts, développer une marque personnelle, négocier des salaires et comprendre la valeur du mentorat.

« Plus important encore, seront-elles peut-être inspirées par des études de cas de femmes à succès qui ont accompli beaucoup de choses à un moment et où les défis étaient souvent plus grands qu’aujourd’hui », a déclaré madame Calixte. “Le message général qu’elles recevront est le suivant: si elles peuvent surmonter les obstacles pour réussir, je le peux aussi.”